Sunday, 3 June 2012

Sombre journée


Sombre
Sans cette drogue nécessaire, c’est ce qu’il fait.

Ne plus rien faire…
Regarder cet écran dont la luminosité blafarde me heurte.

Le souper qui attend
Le retour de cette source qui le fera chauffer.

Écrire sans trop réfléchir
Parce que la batterie se meurt à feu moyen!

La quête
Trouver un but à accomplir pour passer le temps.

Sombre
Y’a pas à dire, manquer d’électricité, ça réduit beaucoup trop nos vies…

Dépendance…


(Juin 2012)

Sunday, 25 March 2012

Tranche de vie


Le ciel s’assombrit. Une fois de plus le soleil venait de terminer sa course. Pourtant, l’homme qui regardait vers l’horizon pouvait sentir encore les chauds rayons en son être. Debout devant sa porte patio, il semble observer le monde entier, mais en vérité, il s’observe lui-même. Il regarde son pâle reflet et se questionne sur mille et une choses comme il le fait trop souvent. Avant, il se sentait emporté par le chaos de sa vie; aujourd’hui, il était parfaitement immobile et sentait sa vie prendre un sens nouveau.

Longtemps j’ai vécu de bêtises… longtemps j’ai crû que j’allais éventuellement sombrer… Ah! Comme le temps m’a été doux.

Le sentiment qui sied au cœur de cet homme est celui de milliers d’autres. Sa vie, 9 semaines plus tôt, avait amorcé un chambardement psychologique. La vie semblait lui sourire et lui souriait à la vie. Il n’avait pas gagné à la loto, n’avait pas découvert le secret de la vie éternelle, son gouvernement n’était pas devenu responsable… néanmoins, l’homme pouvait désormais clamer à qui voudrait l’entendre qu’il était heureux. Son bonheur était visible sur tous ses pores de peau et il le sentait battre en lui.

L’éternel adolescent allait finalement devenir un éternel adul-escent… 

Son bonheur continue de se concrétiser à cet instant même. Et l’homme ne peut que sourire en regardant toute la vie qui l’entoure, qui l’habite, qui le comble. Il attend. Patiemment. Amoureusement. 7 mois encore…

Sunday, 18 March 2012

Le temps d'un rêve.


La terre battue. Ce sol que je foule de mes pieds, de mes mains, il vibre. Vibre de couleurs, d’odeurs et d’images. C’est une fête après tout. Animaux et humains vont de pairs afin de créer quelques instants d’un bonheur qui, en devenant souvenir, ne s’éteindra jamais. Les écrivains transgressent leur mortalité en écrivant, mais nous, c’est en créant des souvenirs. Alors nous inventons, nous nous amusons à imaginer une réalité comblée de rires, de cris d’effroi, de souffles retenus  et d’applaudissements. Nous voyageons… enfin la plupart d’entre nous.

Certains préfèrent rester près de leur ville natale, d’autres tombent en amour et nous quittent, rien n’est stable et il faut sans cesse recréer notre équipe. Moi, ma vie est ici. J’ai déjà essayé de quitter ce monde merveilleux, mais un clown n’a pas sa place dans une usine, ni dans un restaurant (excepté un…); Enfin, après une «pause» d’environ un an, je n’en pouvais plus.
Les enfants, leurs expressions, tellement variées, de bonheur, et les adultes, qui se cachent quelques fois pour pleurer leur émoi ou qui s’esclaffent et se surprennent à s’amuser… j’en avais besoin. C’est là que ce cache la magie du monde. Alors j’ai retrouvé la même troupe avec qui je voyageais depuis l’âge de 15 ans et j’ai rajeuni. Enfin mon cœur, pas moi. Ma vie a repris son sens et sa passion. À chaque représentation, je regarde le public et il me gonfle d’une chaleur qui me donne des ailes. Quand c’est à notre tour, à nous les clowns, je n’hésite donc jamais à faire des galipettes, des sauts, des pirouettes et des chutes rocambolesques. C’est ma façon de vous partager ma chaleur. Cette vie, sans toujours être rose (quelle vie l’est?), est ce qui se rapproche le plus du rêve.

Et le sol vibre, vibre sous les applaudissements et les rires. Rien de tout cela ne serait possible sans vous, chers spectateurs. Merci!

Monday, 20 February 2012

Voyez-vous encore les beautés de l'automne?

Le soleil s’est levé
Sur un jour épuisé;

L’obscurité n’est plus extérieure
Malgré la chaleur
Le froid demeure;

Assis dans ma voiture
Qui carbure à la dépendance
Je dors, je rêve, je fantasme
En attendant la lumière;

Dans mon miroir
Un homme perdu;

Poétique, polémique, politique
Le portefeuille ou la société
Le cinéma maison ou la voiture hybride;

La nature joue la tempête
Les pétrolières font la fête
Nous, Nous payons les frais;

Vive les guichets et les gratteux
Notre image à crédit
L’oubli et la boisson;

Les enfants de demain
Seront seuls à l’ouvrage;

Les adultes d’aujourd’hui
Sont trop étourdis par des responsabilités
Qu’ils ne veulent pas;

Et demain il sera trop tard
Si jamais un demain il y a;

La lumière a changé
Il me faut avancer
Mais c’est la panne sèche
Je m’installe sur mon capot;

Vivre un moment
Abuser de l’instant
Avant que ce ne soit déjà…

Demain.

Wednesday, 8 February 2012

Sombre

    Tout est sombre et lugubre. Du mouvement dans la ruelle, mais ce ne sont que des émanations de chaleur provenant de la bouche d’égout. Tout est sombre… ma vue est brouillée par un liquide chaud. Je ne suis pas sûr de sa nature ni d’où il provient. Tout est sombre et mes pensées sont lugubres et confuses. Pourquoi suis-je dans cette ruelle? Je me tiens droit et mes mains sont refermées sur elles-mêmes. Tout est sombre, ma main droite tient un objet que je ne vois pas. Mon questionnement se change en un plus grand mystère quand l’objet glisse et chute au sol, se transformant en une multitude de sons métalliques qui s’échappent en tout sens. Tout est sombre et je suis las. Je ressens une fatigue intense et complète; mon corps tombe à genoux. Un mélange de liquides chaud et froid s’accroche à la partie inférieure de mon pantalon et je frissonne sous ces sensations contradictoires. Tout est sombre, mais je sais qu’il y a quelque chose devant moi. Ce sont des mouvements légers et irréguliers qui trahissent cette présence. Tout est sombre excepté le temps de trois battements de cœur. Il y a un éclair de lumière provoqué par le passage d’une voiture. La présence étrangère s’est dévoilée.
Tout est sombre, tout revient, tout est là. Je me relève, l’objet inconnu revient dans ma main, je suis immobile, hautain. Je me penche sur l’inconnu. Ma main gauche agrippe ce que je sais être un vêtement. Mon poing droit frappe le sang, l’os, la chair. Tout est sombre et, lentement, avec chaque coup donné, le visage reprend forme, le sang sa place d’origine. Tout est sombre, mes pensées le sont tellement que mes yeux en sont noirs et je ne vois que cette absence de lumière. Les coups pleuvent. Colère. L’homme rit. Peur. Serrant le rouleau de dix sous dans ma main je frappe une fois. Nous sommes debout l’un devant l’autre. L’homme surgit de l’obscurité et m’agrippe. Les mains dans les poches, je marche en scrutant la noirceur. Tout est sombre, mais je ne peux m’empêcher d’entrer dans la ruelle. Tout est sombre, tout est reflet de mon cœur. Du mouvement… c’est l’autre.
Voilà, je suis à genoux devant un étranger qui m’a fait réagir. Tout est sombre, ses yeux, ses doigts sur ma gorge, ma vie, son âme. Tout est sombre, je sais, je comprends ; ses longues canines scintillantes sonnent le glas d’une croyance enfouie en nous. Le mythe existe…Personne n’entend mon cri, tout est sombre.