Wednesday, 3 April 2013

Péché



Je n’ai jamais oublié ton odeur. Cet effluve qui emplissait mon corps d’une passion charnelle irrépressible. Ce parfum que libérait ta peau si blanche et si douce. Ce simple souvenir me fait sourire. Ta peau si blanche qu’à mon contact, j’avais l’impression de franchir un tabou, qui faisait palpiter mon sang et tressaillir mon corps. La douceur de ta peau, si douce, si innocente, qu’elle soulevait des pensées de pêcheurs. 

Je me souviens aussi de tes yeux. D’un vert si éclatant qu’ils rappelaient la pureté de l’être aussi bien que la pureté sauvage de la nature. Et tes lèvres… tes lèvres pulpeuses, savoureuses, amoureuses, qui aimaient caresser autant qu’être caressées. Je me rappelle de la sensation voluptueuse de tes lèvres contre les miennes et de la divinité de tes baisers sur mon corps ensorcelé.

Il y a si longtemps maintenant que tu m’as quitté. J’ai trouvé le bonheur avec une autre femme. Une femme qui parfois ranime mes souvenirs de toi… mais pas autant que notre enfant… une jolie jeune fille à la peau blanche… aux yeux verts… d’un vert si brut qu’il me nargue et me blesse. 

Cet enfant c’est toi… je le sais… je le sens… je le vois bien. 

Je sais que les gens croient que je perds la raison… mais je sais… je sais.

Tu es revenue te venger. Je le sais.

Tu me blâmes pour mon geste d’amour… et tu veux me forcer à recommencer…

Ce soir… oui… ce soir… mais j’en suis bien incapable.

Je pleure.

Dans le salon obscur, je pleure.

Et puis la lumière jaillie.

2 fois, puis une fois de plus.

Je m’effondre le corps secoué de spasmes incontrôlables.

Ma fille, je la vois devant moi.

Ses jolis yeux bleus me fixent, perplexes.

La fumée sort du revolver qui repose au sol.

Et derrière cette émanation, ta main sur l’épaule de ma fille.

Je te vois. Là. Devant moi.

Tu guides doucement ma fille vers sa chambre…

Et l’éternel repos me prend.

Ta vengeance enfin assouvie, mon péché enfin payé.

Tuesday, 2 April 2013

Soupçon de folie



Je sais bien que je ne devrais pas, mais qu’à cela ne tienne, je vais tout de même le faire. Oui, oui, je vais le faire. N’allez pas croire que je dis ça pour me convaincre… enfin… oui probablement. Je dois être sûr, être prêt, être «mindé». Ce n’est pas que ce ne soit pas intéressant, oh non, ça l’est, mais… C’est comme Twilight. Il y a des gens qui aiment ça des histoires avec des vampires scintillants, puis il y a les autres qui sont crampés tellement ils rient. C’est une bonne comparaison. Important principe : il ne faut pas comparer les citrons avec le caviar. Dans le fond, certains d’entre vous vont s’ennuyer à lire mon texte puis, certains vont peut-être aimer ça, c’est la vie. Ça pourrait aussi choquer et faire peur. C’est la vie.

Je vais donc vous raconter, à ma façon bien à moi, dans un désordre psychologique probable, une histoire qui s’est peut-être déroulée, je n’en suis pas sûr, lors d’un de mes nombreux délires cérébraux quotidiens quand je pense à des vampires qui brillent au soleil.

Ça s’est passé il y a plus de 2 jours. Les dates, c’est important, ça place le lecteur dans la zone spatio-temporelle du récit. Bon, mon histoire débute avec une rencontre qui n’est pas arrivée entre moi et Saint George, pas celui au dragon, son petit cousin éloigné chauve et dodu, mais tout autant sympathique et rigolo. Hum… ah oui, je me trimbalais avec ma bible satanique quand le petit gros est arrivé, tout essoufflé, un hot-dog à la main. Ketchup, moutarde, relish, mayo, beurre d'arachides. Un peu nauséeux selon moi, mais les goûts ça ne se discute pas, ça se dispute, donc je n’ai rien dit. Voilà Saint George qui me dit que si je continue à lire des trucs pareils, bien je vais finir en Enfer avec le Diable, et Satan, et Belzébuth, et Lucifer, et… et... et… Il a dû me réveiller à la fin. J’ai ri. Je ris tout le temps quand je m’endors avant la fin d’un film. Toujours est-il que son discours me semblait bien construit et j’ai compris que son but était de me faire peur. J’ai failli tomber dans le piège, mais heureusement, il m’a demandé de l’argent pour le salut de mon âme. Devant mon refus, il m’a récité la plus que célèbre phrase : «Paye-moi et Dieu t’aidera.» Devant cette «pharse» ridicule, je réalisai qu’il avait mal compris. Donc, avant de le mettre à la porte, je l’ai corrigé. «La bonne phrase, c’est aide-toi et Dieu t’aidera.» Riant de son air ahuri, je lui ai fermé la porte au nez. C’est la vie.

En me retournant, j’ai trouvé que mon appartement avait changé. Au lieu de la table de la cuisine, un pupitre avec une plaque où était inscrit «Venez Ici». Curieux, je me suis approché.
-          M. Desmarais je présume.
-          Vous présumez bien, Monsieur…
-          Ici. Venez Ici.

Je me suis approché un peu plus. Nous nous fixâmes longtemps avant que je comprenne et que je lui tende ma main en me disant charmé de le rencontrer. D’un sourire poli qui m’indiquait qu’il ne me trouvait pas particulièrement intelligent (je ne devrais pas écrire ça), mais qu’il n’avait plus de temps à perdre, il me pointa une feuille sur son pupitre.

-          Elle n’était pas là tout à l’heure. Comment avez-vous fait?
-          Je l’ai mise là pendant que vous réfléchissiez.
-         
-          Veuillez signer et la visite commencera aussitôt.

C’était un contrat. Écriture minuscule. On aurait dit des pattes de mouche. J’ai donc soufflé sur la feuille. C’était bien ça. Je pus enfin le lire et tout me semblait normal.

Aujourd’hui, moi, Jasmin Desmarais, accepte de visiter ce qui sera vraisemblablement ma future demeure. Aucuns frais ne me seront chargés et je pourrai garder tout souvenir afin d’en faire ce que bon me semblera puisque le Diable n’en a rien à faire. La durée de la visite sera dépendante de ma volonté… et bla-bla-bla… offrir… Bla-bla-bla… âme… bla-bla-bla… certaines conditions s’appliquent… bla-bla-bla… les petits oiseaux cui-cui… bla-bla-bla… les clauses du contrat peuvent changer sans que le client en soit avisé et en cas de litige… bonne chance. 
                       Signature : ____________________________________



Si la visite vous tue, votre chambre sera prête dans les 24 heures et vous serez le bienvenue chez vous.

J’ai signé sans plus attendre et la visite a commencé. J’ai embarqué dans un petit carrosse de style maison hantée de parc d’attractions. J’avais hâte de voir les flammes, les chambres des tortures, les démons difformes, Satan, d’assister à des scènes de châtiments éternels, de voir des gens se faire dévorer, se faire baiser, le brasier humain, j’avais hâte de voir de l’action. Une fois passées les portes menant à l’Enfer, on annonça qu’à ma gauche se situait la chambre des jeux. Je me tournai, avide d’images, mais je ne vis rien d’autre qu’une immense pièce avec des tables de billard, de ping-pong, de «baby-foot », d’ «air-hockey », etc., où des gens de tous âges et de toutes nationalités semblaient s’amuser dans une atmosphère presque familiale. J’étais dégoûté.

À votre droite, la salle des tortures. Enfin! La salle était gigantesque, je devrais peut-être même dire «univeresque». J’y voyais de tout : salles de gym, terrains de football/soccer/baseball, etc., livres de sudoku, laboratoires de science… Mais qu'est-ce que??? La petite voiture s’arrêta. La salle des tortures. Les gens viennent ici pour se torturer le corps et l’esprit. Personne n’est obligé de s’y présenter, mais comme la demande est grande pour ce type de loisirs nous, en Enfer, avons investi énormément afin de plaire à notre clientèle. C’est la vie.

La chambre des lamentations suivit : une salle remplit de psychologues, de thérapeutes, de meilleurs amis, tous là, tous prêts à vous entendre dès que vous ne vous sentez pas bien. Ensuite, ce fut la chambre des horreurs; c’était rempli d’hommes qui apprenaient à parler de leurs émotions. Au moins là, ça faisait peur. La chaufferie est en fait une chambre remplie de petites pièces où tous s’adonnent à leurs pulsions sexuelles, quelles qu’elles soient. La chambre froide, un immense réfrigérateur, la chambre des gaz, euh… disons juste que ça pue, la chambre des frictions, une pièce que les femmes peuvent nettoyer lorsqu’elles sont en colère ou déprimée, etc. J’avais envie de pleurer tellement je me sentais désabusé. L’Enfer est pavé de bonnes intentions, je comprends, les gens sont heureux ici! J’avais deux mots à dire à Satan. Justement, la voyage se terminait avec la visite de son bureau. Quand je suis entré là, j’étais en beau pétard, mais quand j’ai vu Satan, j’ai compris que c’était elle le beau pétard. Finalement, je trouve ça bien comment elle gère sa «business», oui… j’aime ça. Alors... oubliez ça, je vous ai raconté n’importe quoi, vous ne voulez pas aboutir en Enfer, croyez-moi. De toute façon, vous n’aimeriez pas ça... Je commence à être réveillé, bien assis devant mon bol d’Avoine Croquante, j’ai le sourire aux lèvres. J’ai hâte d’y retourner. C’est la vie.