Je sais bien que je ne devrais pas, mais qu’à cela ne
tienne, je vais tout de même le faire. Oui, oui, je vais le faire. N’allez pas
croire que je dis ça pour me convaincre… enfin… oui probablement. Je dois être
sûr, être prêt, être «mindé». Ce n’est pas que ce ne soit pas intéressant, oh
non, ça l’est, mais… C’est comme Twilight. Il y a des gens qui aiment ça des
histoires avec des vampires scintillants, puis il y a les autres qui sont
crampés tellement ils rient. C’est une bonne comparaison. Important principe :
il ne faut pas comparer les citrons avec le caviar. Dans le fond, certains
d’entre vous vont s’ennuyer à lire mon texte puis, certains vont peut-être
aimer ça, c’est la vie. Ça pourrait aussi choquer et faire peur. C’est la vie.
Je vais donc vous raconter, à ma façon bien à moi, dans
un désordre psychologique probable, une histoire qui s’est peut-être déroulée, je
n’en suis pas sûr, lors d’un de mes nombreux délires cérébraux quotidiens quand
je pense à des vampires qui brillent au soleil.
Ça s’est passé il y a plus de 2 jours. Les dates, c’est
important, ça place le lecteur dans la zone spatio-temporelle du récit. Bon, mon
histoire débute avec une rencontre qui n’est pas arrivée entre moi et Saint
George, pas celui au dragon, son petit cousin éloigné chauve et dodu, mais tout
autant sympathique et rigolo. Hum… ah oui, je me trimbalais avec ma bible satanique
quand le petit gros est arrivé, tout essoufflé, un hot-dog à la main. Ketchup,
moutarde, relish, mayo, beurre d'arachides. Un peu nauséeux selon moi, mais les
goûts ça ne se discute pas, ça se dispute, donc je n’ai rien dit. Voilà Saint
George qui me dit que si je continue à lire des trucs pareils, bien je vais
finir en Enfer avec le Diable, et Satan, et Belzébuth, et Lucifer, et… et... et…
Il a dû me réveiller à la fin. J’ai ri. Je ris tout le temps quand je m’endors
avant la fin d’un film. Toujours est-il que son discours me semblait bien
construit et j’ai compris que son but était de me faire peur. J’ai failli
tomber dans le piège, mais heureusement, il m’a demandé de l’argent pour le
salut de mon âme. Devant mon refus, il m’a récité la plus que célèbre
phrase : «Paye-moi et Dieu t’aidera.»
Devant cette «pharse» ridicule, je réalisai qu’il avait mal compris. Donc,
avant de le mettre à la porte, je l’ai corrigé. «La bonne phrase, c’est aide-toi et Dieu t’aidera.» Riant de son
air ahuri, je lui ai fermé la porte au nez. C’est la vie.
En me retournant, j’ai trouvé que mon appartement avait
changé. Au lieu de la table de la cuisine, un pupitre avec une plaque où était
inscrit «Venez Ici». Curieux, je me suis approché.
-
M. Desmarais je présume.
-
Vous présumez bien, Monsieur…
-
Ici. Venez Ici.
Je me suis approché un peu plus. Nous nous fixâmes
longtemps avant que je comprenne et que je lui tende ma main en me disant charmé
de le rencontrer. D’un sourire poli qui m’indiquait qu’il ne me trouvait pas
particulièrement intelligent (je ne devrais pas écrire ça), mais qu’il n’avait
plus de temps à perdre, il me pointa une feuille sur son pupitre.
-
Elle n’était pas là tout à l’heure. Comment avez-vous fait?
-
Je l’ai mise là pendant que vous réfléchissiez.
-
…
-
Veuillez signer et la visite commencera aussitôt.
C’était un contrat.
Écriture minuscule. On aurait dit des pattes de mouche. J’ai donc soufflé sur
la feuille. C’était bien ça. Je pus enfin le lire et tout me semblait normal.
Aujourd’hui,
moi, Jasmin Desmarais, accepte de visiter ce qui sera vraisemblablement ma
future demeure. Aucuns frais ne me seront chargés et je pourrai garder tout
souvenir afin d’en faire ce que bon me semblera puisque le Diable n’en a rien à
faire. La durée de la visite sera dépendante de ma volonté… et bla-bla-bla…
offrir… Bla-bla-bla… âme… bla-bla-bla… certaines conditions s’appliquent… bla-bla-bla…
les petits oiseaux cui-cui… bla-bla-bla… les clauses du contrat peuvent changer
sans que le client en soit avisé et en cas de litige… bonne chance.
Signature : ____________________________________
Si la visite vous
tue, votre chambre sera prête dans les 24 heures et vous serez le bienvenue
chez vous.
J’ai signé sans
plus attendre et la visite a commencé. J’ai embarqué dans un petit carrosse de
style maison hantée de parc d’attractions. J’avais hâte de voir les flammes,
les chambres des tortures, les démons difformes, Satan, d’assister à des scènes
de châtiments éternels, de voir des gens se faire dévorer, se faire baiser, le
brasier humain, j’avais hâte de voir de l’action. Une fois passées les portes
menant à l’Enfer, on annonça qu’à ma gauche se situait la chambre des jeux. Je
me tournai, avide d’images, mais je ne vis rien d’autre qu’une immense pièce
avec des tables de billard, de ping-pong, de «baby-foot », d’ «air-hockey »,
etc., où des gens de tous âges et de toutes nationalités semblaient s’amuser
dans une atmosphère presque familiale. J’étais dégoûté.
À votre droite, la salle des tortures. Enfin! La salle était gigantesque, je devrais peut-être même
dire «univeresque». J’y voyais de tout : salles de gym, terrains de
football/soccer/baseball, etc., livres de sudoku, laboratoires de science… Mais qu'est-ce que??? La petite voiture
s’arrêta. La salle des tortures. Les gens
viennent ici pour se torturer le corps et l’esprit. Personne n’est obligé de
s’y présenter, mais comme la demande est grande pour ce type de loisirs nous,
en Enfer, avons investi énormément afin de plaire à notre clientèle. C’est la
vie.
La chambre des
lamentations suivit : une salle remplit de psychologues, de thérapeutes,
de meilleurs amis, tous là, tous prêts à vous entendre dès que vous ne vous
sentez pas bien. Ensuite, ce fut la chambre des horreurs; c’était rempli d’hommes
qui apprenaient à parler de leurs émotions. Au moins là, ça faisait peur. La
chaufferie est en fait une chambre remplie de petites pièces où tous s’adonnent
à leurs pulsions sexuelles, quelles qu’elles soient. La chambre froide, un
immense réfrigérateur, la chambre des gaz, euh… disons juste que ça pue, la
chambre des frictions, une pièce que les femmes peuvent nettoyer lorsqu’elles
sont en colère ou déprimée, etc. J’avais envie de pleurer tellement je me
sentais désabusé. L’Enfer est pavé de bonnes intentions, je comprends, les gens
sont heureux ici! J’avais deux mots à dire à Satan. Justement, la voyage se
terminait avec la visite de son bureau. Quand je suis entré là, j’étais en beau
pétard, mais quand j’ai vu Satan, j’ai compris que c’était elle le beau pétard.
Finalement, je trouve ça bien comment elle gère sa «business», oui… j’aime ça. Alors...
oubliez ça, je vous ai raconté n’importe quoi, vous ne voulez pas aboutir en
Enfer, croyez-moi. De toute façon, vous n’aimeriez pas ça... Je commence à être
réveillé, bien assis devant mon bol d’Avoine Croquante, j’ai le sourire aux
lèvres. J’ai hâte d’y retourner. C’est la vie.
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