Je n’ai jamais oublié ton odeur. Cet effluve qui
emplissait mon corps d’une passion charnelle irrépressible. Ce parfum que
libérait ta peau si blanche et si douce. Ce simple souvenir me fait sourire. Ta
peau si blanche qu’à mon contact, j’avais l’impression de franchir un tabou,
qui faisait palpiter mon sang et tressaillir mon corps. La douceur de ta peau,
si douce, si innocente, qu’elle soulevait des pensées de pêcheurs.
Je me souviens aussi de tes yeux. D’un vert si
éclatant qu’ils rappelaient la pureté de l’être aussi bien que la pureté
sauvage de la nature. Et tes lèvres… tes lèvres pulpeuses, savoureuses,
amoureuses, qui aimaient caresser autant qu’être caressées. Je me rappelle de
la sensation voluptueuse de tes lèvres contre les miennes et de la divinité de
tes baisers sur mon corps ensorcelé.
Il y a si longtemps maintenant que tu m’as quitté.
J’ai trouvé le bonheur avec une autre femme. Une femme qui parfois ranime mes
souvenirs de toi… mais pas autant que notre enfant… une jolie jeune fille à la
peau blanche… aux yeux verts… d’un vert si brut qu’il me nargue et me blesse.
Cet enfant c’est toi… je le sais… je le sens… je le
vois bien.
Je sais que les gens croient que je perds la raison…
mais je sais… je sais.
Tu es revenue te venger. Je le sais.
Tu me blâmes pour mon geste d’amour… et tu veux me
forcer à recommencer…
Ce soir… oui… ce soir… mais j’en suis bien
incapable.
Je pleure.
Dans le salon obscur, je pleure.
Et puis la lumière jaillie.
2 fois, puis une fois de plus.
Je m’effondre le corps secoué de spasmes
incontrôlables.
Ma fille, je la vois devant moi.
Ses jolis yeux bleus me fixent, perplexes.
La fumée sort du revolver qui repose au sol.
Et derrière cette émanation, ta main sur l’épaule de
ma fille.
Je te vois. Là. Devant moi.
Tu guides doucement ma fille vers sa chambre…
Et l’éternel repos me prend.
Ta vengeance enfin assouvie, mon péché enfin payé.
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